21 mars 2009
Océan et Fenêtres : l’Autre en nous... Une Philosophie du Pluralisme...
A l’ère de la mondialisation et du postmodernisme, on n’a jamais autant parlé de diversité et de pluralité et on semble ne s’être jamais autant enfermés dans nos particularismes et nos différences. Le monde global est un village, dit-on… un village de villageois qui s’ignorent.
Aux deux sens du terme : ils ignorent qui ils sont et ignorent avec qui ils vivent. Au lieu d’une célébration assumée de nos richesses, cette situation ne peut produire que des conflits frileux, craintifs et larvés : conflits ou « clash » des ignorances avait suggéré Edward Saïd, conflits de perceptions, avions-nous proposé. Les perceptions disent davantage que l’ignorance : les premières peuvent certes être la conséquence de cette dernière, mais elles expriment un rapport à soi et à autrui qui ne relève pas seulement du savoir.
Il est question de sentiments, d’émotions, de convictions et de psychologie. Nous manquons de confiance. De confiance en soi, de confiance en autrui, de confiance en Dieu et/ou en l’Homme et/ou en l’avenir. Nous manquons de confiance, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, et la crainte, le doute et la méfiance nous colonisent insensiblement le cœur et l’esprit : l’autre est alors notre miroir négatif dont la différence nous permet de nous définir, de nous « identifier » et, somme toute, de nous rassurer un peu. Il devient notre divertissement, au sens pascalien… il nous divertit de nous, de notre ignorance, de nos peurs, de nos doutes, de nos craintes et par sa présence il justifie et explique nos méfiances. Nous entretenons des projections tout en constatant que nous manquons de projets
Il faut donc revenir à quelques vérités élémentaires. Simples et profondes. Se mettre en route, se poser les questions essentielles et chercher le sens. Il faut cheminer vers soi et retrouver le goût de l’interrogation, de la critique constructive et de la complexité. Cela commence par établir une première thèse de vérité qui devrait naturellement enfanter une attitude de pudeur et d’humilité intellectuelles : chacun d’entre nous observe le monde à travers sa fenêtre…
Il s’agit d’un point de vue sur l’horizon, d’un cadre, d’une vitre plus ou moins teintée, avec son orientation et ses limites : c’est tout cela, ensemble, qui donne sa couleur aux paysages alentours. Il faut commencer, humblement, par accepter que nous n’avons que des points de vue, au sens littéral, et que nous forgeons à partir de là nos idées, nos perceptions et notre imaginaire. Se réconcilier avec l’essence même de la relativité de son regard n’implique pas de douter de tout ou de n’être sûr de rien. Ce pourrait être le contraire et il pourrait en résulter une confiance sans arrogance de même qu’une saine, énergique et créatrice curiosité vis-à-vis de ces infinies fenêtres d’où s’observe le même univers. La pluralité est telle qu’on en est venu à douter qu’il s’agisse du même univers, des mêmes questions et de la même humanité. Dans « le village global », ce faisant, l’individualisme de plus en plus prononcé nous a même amené à douter du fait qu’il existe des restes de philosophie derrière le calcul de nos volontés de pouvoir et de nos intérêts respectifs. Que peut donc produire l’ego de nos égoïsmes ?
C’est qu’il ne faut pas rester debout à sa fenêtre. En route, disions-nous, sur les chemins du cœur, de l’esprit et de l’imaginaire ! L’horizon devant nous nous offre une alternative, deux itinéraires : soit se promener de fenêtre en fenêtre, de philosophie en philosophie, de religion en religion, et chercher à comprendre une à une les traditions et les écoles avec leurs enseignements et leurs principes. De l’une à l’autre, de soi aux autres, on trouvera bien des similarités, des points communs, des valeurs partagées. Soit on peut suivre l’autre sentier qui nous entraîne au cœur même du paysage et de là nous invite à tourner notre regard vers les fenêtres alentours : ici, il n’est pas question de considérer la multiplicité des observateurs, mais de se plonger dans l’objet commun observé et, de là, d’appréhender la diversité des points de vue et l’essence de leur similarité. Une fois admise l’existence de notre fenêtre, il faut donc voyager, se libérer, se plonger dans l’océan, naviguer, aller, s’arrêter, chavirer, résister, reprendre la route, naviguer encore, et se souvenir que l’océan n’a d’existence et notre survie de chance que par la présence de ses multiples rives qui font l’océan unique. Et vice versa.
Nous avons choisi le second itinéraire et nous désirons accompagner notre lecteur au cœur de l’observé afin d’appréhender avec confiance et humilité la myriade des observateurs. Notre philosophie du pluralisme est une immersion dans l’objet pour aller à la rencontre des êtres humains, des sujets, avec leurs traditions, leurs religions, leurs philosophies, leurs esthétiques ou/et leur psychologies. Ainsi, chaque chapitre aborde un thème, un élément du paysage de la philosophie…la quête de sens, l’universel, la liberté, la fraternité, la mémoire, l’amour, le pardon, etc. et nous essayons, à partir de ce centre, d’interpeller et de comprendre la diversité et la créativité qui sourdent des fenêtres. Ainsi les notions d’égalité, de liberté, d’humanité, d’émotion, de mémoires appartiennent à toutes les traditions et à toutes les philosophies mais leur vérité absolue n’est la possession de personne. L’universel, nous le montrerons, ne peut être qu’un universel partagé.
Au cours de cette initiation qui remonte, linéairement et/ou circulairement, des questions existentielles et des notions philosophiques communes vers le pluralisme des réponses et des points de vue, le lecteur verra se dessiner les contours d’une philosophie du pluralisme. En reconnaissant l’existence même de sa fenêtre, puis en prenant le risque de s’en détacher, de se décentrer, pour se plonger dans la notion philosophique elle-même (et ainsi découvrir la diversité des points de vue, des opinions, des dogmes et des postulats), il accède, à partir de l’essence des débats sur une notion, à la communauté de destin et d’espérance des sujets, des femmes et des hommes de tous les horizons, à travers l’Histoire entière. Comme un initié, le lecteur se demandera parfois : « Où donc m’emmène-t-on ? » et la réponse ne sera ni unique ni définitive. Nous sommes en route vers cet espace de la conscience et de l’intelligence où toutes les sagesses nous rappellent que comme ce sont les rivages qui font l’unicité de l’océan, c’est la pluralité des cheminements humains qui façonne la commune humanité des hommes.
Amoureuse des grands voyages, Ella Maillard avait dit un jour : « Le plus difficile est de se rendre à la gare ». Le plus difficile, ce sont bien les premiers pas, quitter les siens, ses habitudes, son confort, ses certitudes et se mettre en route vers de nouveaux horizons. Cela demande un effort, de la volonté… l’appel du voyage et la découverte des rivages ne se marient pas avec la paresse, la suffisance ou l’arrogance. Il faut une prise de conscience, de la détermination, de l’humilité, de la pudeur, de la curiosité et un certain goût du risque pour décider de s’aventurer ainsi dans des univers étrangers, des références nouvelles, des vocabulaires inconnus. Accepter l’insécurité, apprécier l’empathie.
Nous avons tenté de présenter ces notions complexes de la façon la plus simple et la plus abordable pour que les lecteurs ne perdent pas pied. Aucune connaissance philosophique ou religieuse n’est requise pour se mettre en route. On comprendra d’ailleurs très vite que cette initiation se conjugue sur plusieurs temps et à différents niveaux : chacun y trouvera son compte et y retrouvera le bagage et les provisions avec lesquels elle/il s’était engagé. Il nous importait de ne pas complexifier inutilement la complexité elle-même et de ne pas confondre la simplicité avec l’absence de profondeur.
La pauvreté du paysage est le miroir de celle de notre regard, murmurait le poète allemand Rainer Maria Rilke… cela est vrai aussi de sa richesse. Un homme perdu est vulnérable et rarement suffisant : il est donc bon que le lecteur se perde parfois, se retrouve, croie avoir compris puis comprenne enfin qu’il ne comprend pas, ou plus, ou pas suffisamment. Une belle école de sagesse sur les bancs de laquelle la curiosité nous apprend la réserve et la suspension du jugement. Les chapitres aux mille fenêtres n’offrent pas de vérité assurée ni de réponse définitive mais des horizons, des rives, des perspectives et des sentiers qui rappellent combien, dans le fond, les hommes se ressemblent dans leurs joies, leurs souffrances et leurs amours. Dans leur quête de vérité et de paix.
La finalité du voyage est le voyage lui-même… le voyage qui mène au loin, à soi. Pour y trouver son être, ou un ego libéré, ou Dieu, ou la raison, ou le cœur, ou le vide. Mais toujours, toujours, de la tendresse et de l’amour. De l’espérance aussi : dernier des maux selon le mythe de Pandore, premier acte de la foi en Dieu ou en l’homme.
En partant de ces idéaux, de ces valeurs et de ces principes communs, le voyageur en quête d’initiation accoste aux rivages du de la riche diversité et du pluralisme et voit des chemins se dessiner, s’ouvrir des portes et des fenêtres. Il vit ce paradoxe de voyager à la périphérie des traditions et de s’installer dans l’essence de leurs enseignements.
Alors il peut murmurer, confiant et ouvert : ma philosophie est le voyage, le pluralisme ma destination. L’humilité est mon couvert, le respect mon vêtement, l’empathie ma nourriture et la curiosité ma boisson. Quant à l’amour, il a mille noms et à chaque fenêtre il est mon compagnon.
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Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et des Associations Réunionnaises
- Groupe de travail COSPAR Contre les Abus Bancaires
- IEDOM 11H30 à 14H15 le 17 MARS
Etaient présents pour le COSPAR : D. MARDAYE - M MOUTOUCOMORAPOULE - H GRONDIN -R LAMBERT - B MALET - J BOYER - P FARY - P JUNOT ainsi que deux artisans représentatifs desentreprises en difficultés bancaires.
Pour les institutionnels : Les directeurs des banques suivante : BR - CAISSE EPARGNE - LA POSTE -CREDIT AGRICOLE – BFC – BNPPARIBAS ainsi que le directeur de l’Iedom et un représentant del’état.
Après les présentations D. Mardaye présente la situation sur les plans micro économique,macroéconomique, la législation en vigueur en matière de protection des usagers bancaires, les recours contre les ententes illicites…..
Dans un deuxième temps une liste de revendication concernant la révision de la tarification et la mise en place d’un observatoire de surveillance et de contrôle. Après cet exposé qui sera annexé en pièce jointe, les artisans prennent tour à tour la parole pour exposé des cas concrets d’abus bancaires ou encore de dérives dans la gestion des comptes des petites entreprises et expose les difficultés quotidiennes qu’elles rencontrent.
Les banquiers présents écoutent avec attention et prennent des notes sur les cas en question.
Un membre du COSPAR interroge les banquiers sur la confiance qu’ils peuvent encore inspirer à leurs clients, compte tenu de leur part de responsabilité dans la crise financière. Et qu’apparemment ils n’ont pas pris toute la mesure de leur responsabilité. Cette inconscience fait craindre le pire quand on lit la presse. Par exemple : Les réponses ne peuvent donc venir que des directions parisiennes. Or le comportement des directions parisiennes n’est guère rassurant. Les directeurs des banques locales n’étant que les courroies de transmissions des doctrinaires du libéralisme financier installés dans les bureaux parisiens. Il nous semble difficile de croire que ces banquiers endoctrinés puissent faire autrement que suivre la feuille de route tracée par leur direction parisienne.
Quelques exemples issus de l’actualité nous éclairent sur leur attitude face à cette crise. Concernant le non versement des dividendes, malgré les exigences du chef de l’état qu’aucun dividende ne soit versé par les sociétés placées sous perfusion d’argent public, c’est peine perdue. La Société Générale distribuera plus du tiers de ses profits soit 720 millions d’euros. De l’avis même de son directeur général Fréderic OUDEA ce seul fait dégradera le ratio de solvabilité de la banque, ce qui devrait conduire la Société Générale à demander encore davantage d’argent à l’Etat. BNPPARIBAS qui a divisé ses bénéfices par 2,5 distribuera cette année un dividende réduit de 35% alors que sa profitabilité a elle été
divisée par 3.
De son coté M. René RICOL médiateur du crédit ne comprend pas le blocage des banquiers, et il raconte devant les sénateurs médusés ses négociations avec « des gens qui vivent sur une autre planète » des tractations jour et nuits pour tenter d’obtenir les 5 millions d’euros qui suffiraient à sauver des milliers d’emplois, « ils cherchent encore souvent à réaliser d’importants profits » se désole t-il.
Sur un tel chantier, l’Etat a le devoir de reprendre la main s’il ne veut pas voir dilapider indéfiniment l’argent des contribuables pour financer les dividendes des actionnaires.
Toujours concernant la législation existante, se pose la question de savoir pourquoi l’Etat reste aussi inerte devant autant d’abus.
Deux cas concrets sont là aussi cités :
Le premier faisant état d’un courrier du 11 août 1996 dénonçant la tentative de cartellisation du système financier local d’une grande banque locale suite à la baisse des taux intérêts immobilier dans les années 1993- 1994 et aussi la condamnation en 1999 en métropole des 3 grandes banques françaises ( société générale, crédit Lyonnais et BNP PARIBAS) à plus de un milliard de francs pour entente illicite .
Alors que les taux baissaient en 1993-1994, le Crédit agricole, les Caisses d'épargne, BNP Paribas, la Société générale et plusieurs autres établissements «s'interdisaient de faire des propositions aux clients des autres banques souhaitant renégocier leurs emprunts immobiliers». Tous avaient été condamnés à une amende particulièrement salée : 174,5 millions d'euros au total. À elle seule, la Caisse nationale du Crédit agricole avait dû verser 69 millions d'euros.
Enfin une affaire plus récente où selon le FIGARO du 26 MARS 2008 La Direction de la concurrence enquête sur un accord entre banques visant à dissuader les particuliers de renégocier leurs prêts Il est aussi rappelé que dans ce contexte l’état fait un don de 40 milliards aux banques. Prétendre qu’il s’agit là d’un prêt est une escroquerie intellectuelle. En effet ces 40 milliards ne seront pas remboursés
par les banquiers mais capital et intérêts seront remboursés par les clients et les salariés. L’état récupérera son capital et ses intérêts et la banque récupérera au passage sa commission et sa part pour les actionnaires et les bonus généreux accordés aux mêmes dirigeants qui ont été à l’origine du séisme financier actuel.
Selon les directeurs de banque présents : « pas une seule banque à la Réunion ne pratique la restriction de crédit. Sauf que la situation économique ne permette plus de financer certains projets des entreprises »
Selon le directeur de la Caisse d’Epargne, l’ensemble des banques ne pratiquent pas les mêmes politiques commerciales et il affirme que sa banque CE pratique les mêmes tarifs que la Métropole.
Concernant le fait où selon la presse le directeur adjoint de la Caisse d’Epargne intentera prochainement un procès au COSPAR suite à l’action de communication récente, cette intention est formellement démentie par le directeur de la CE présent.
Avant de conclure il est convenu de se revoir vendredi 20 mars à 8h30.
Cette réunion aura pour objet d’analyser les propositions des banquiers suite à l’ensemble des demandes
du COSPAR.
Entre temps il nous sera remis par mail un projet de protocole d’accord global visant à répercuter de façon spécifique les mesures du gouvernement et un certain nombre d’orientation en fonction de la banque.
En guise de conclusion la citation ci-dessous est lue.
CITATION Thomas Jefferson (Président des Etats-Unis de 1801 à 1809) l'un des fondateurs du parti démocrate, dans une lettre adressée à son secrétaire au Trésor Albert Gallatin, écrivit : "Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les
institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis". (letter to the Secretary of the Treasury Albert Gallatin 1802).
Réunion du GT sur les minima sociaux 18 mars à 9h
Résumé succinct
A l’issue de la réunion de ce groupe de travail, les délégués du COSPAR ont souhaité qu’un compte rendu soit remis au Préfet et à l’ensemble des membres présents.
Le Groupe chargé de travailler sur les minima sociaux était composé pour le COSPAR de: JP TECHER, JH RATENON, Brigitte MALET, Max BANON, Marlène JEANNE, Marie Nadia TANCOURT…+++, Fabrice Tandrayen, Catherine HOARAU, Patrick FARY, Erick FONTAINE, Henri GRONDIN, Paul
JUNOT, Marcel MOUTOUCOMORAPOULLE
Pour les institutionnels d'une représentante du Conseil Général, du directeur de la DRASS, du directeurde la CAF, du directeur de la CGSS.
D’entrée, le représentant de l’Etat remet à chaque participant un dossier « revu et corrigé » du précédent et donne lecture des nouvelles dispositions prises soit :
- 1,54 € remis par la CAF aux collectivités en déduction des prix de repas aux familles : Il est demandé que cette participation soit bien inscrite sur la plateforme en spécifiant que le bénéfice revient directement aux familles. Dont acte !
- Un tableau définissant l’organigramme des institutions avec le montant de leur participation dans chacun des items composant les minima sociaux,
- Un membre du COSPAR rappelle qu’il avait été demandé au représentant de l’Etat de fournir un
relevé de décisions répondant à la demande formulée sur la plateforme de revendications point
par point,
- Il est rappelé qu’aucune réponse réaliste n’est apportée pour une grande partie de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, aucune réponse concrète pour les retraités sur la possibilité de voir ramener le versement de leur revenu à la fin du mois afin d’éviter des frais
bancaires, aucun mot pour le public des 18-25 ans, rien sur l’indemnité veuvage ni sur la CMU,
- M. JP TECHER précise que nous sommes devant une urgence sociale et rappelle l’objet principal de notre revendication en faveur d’un public bénéficiant des minima sociaux: la question essentielle étant toujours la même à savoir : 200 € pour tous, il pose également le cas des ASS qui n’apparaissent nulle part,
- M. BANON renvoie alors la question des responsabilités de l’Etat dans la précarité d’une partie de la population et se porte Il est hors de question de liguer une partie de la population contre l’autre : les salariés contre les défavorisés
- M. RATENON demande alors pourquoi l’Etat remet une prime de vie chère à une certaine partie de la population devant l’évidence de la cherté de la vie à La Réunion ? pourquoi d’aucuns enseraient-ils privés ?
- Y a-t-il des réponses concrètes oui ou non ? y a t-il eu concertation avec le Préfet ?
Après-midi : opérations communication dans les rues de Saint-Denis
Une forte « délégation du COSPAR » composée de représentants des associations, des partis politiques, des syndicats, des étudiants, a sillonné les rues du centre de Saint-Denis avec deux camions sono (CFDT et CGTR) et des porte-voix à partir de 14 h. Première « cible » : le SCORE de la rue Jean Chatel qui a rapidement baissé son rideau. Ensuite ORANGE, quelques banques sur le parcours, la Poste. Des discussions ont pu s’engager avec les usagers, les passants et nous avons distribué 500 tracts pour la manif de demain. Opération réussie, population « compréhensive » voire « solidaire ».
Réunion du COSPAR à 16h30
Compte-rendu de la réunion à la Préfecture sur la sécurisation de la Manif du 19.
Rappel de la nécessité de mettre en place un service d’ordre bien organisé à la fois en tête, sur les côtés et à la fin du défilé.
Rappel également de l’importance de respecter les consignes de parcours et d’ordre de défilé avec la banderole COSPAR en tête suivie des responsables du COSPAR.
Modalités de prises de parole à la Préfecture :
- 1 jeune
- 1 représentant associatif (normalement Jean Alain Cadet)
- 1 représentant syndical (Ivan Hoareau, CGTR)
Dispersion après la dernière prise de parole.
Saint-Pierre
Parcours (voir compte-rendu du 17 mars)
Prises de parole :
Au rassemblement de départ, à la Mairie : 1 étudiant
A l’arrivée au Boulodrome : 1 syndicaliste (Yannis PAYET, CFDT)
Pic nique – Animations jusqu’à 16h.
Rappels :
Vendredi à 8h30 : réunion du GT « Abus bancaires » à l’IEDOM
Vendredi à 14h : réunion du GT « Fonction Publique d’Etat » à la Préfecture
Concernant ce dernier GT : les personnes qui se sont inscrites ont rendez-vous à la CFDT
jeudi 19 mars à 16h pour préparer la réunion de vendredi à la Préfecture
- FSU : Marie-Hélène DOR
- CGTR : Patrick CORRE et Pierrick OLIVIER
- CFTC : Yannis LEBON
- UNSA (à désigner)
- SOLIDAIRES (Pascal Valiamin)
- CFDT (Barthélémy HOARAU) et peut-être un autre camarade.
NB : Merci de faire passer l’information aux camarades qui n’étaient pas cette réunion du
COSPAR.
PROCHAINE RÉUNION DU COSPAR À LA CFDT VENDREDI 20 MARS À 16h30
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Pérol Sarkozy Natixis une histoire de chaudron et de bonne soupe !!!
Tout d’abord un scoop !! Le patronyme du sieur Pérol, selon un vieux dictionnaire de moyen français (de 1300 à 1500), viendrait possiblement du Provençal « Pairol » descendant lui-même que latin « Parium » signifiant « chaudron » .
Voici donc « le meilleur d’entre-nous » selon Sarko 1er ravalé au rang de chaudron et d’histoires de bric et de …brocs !!
Si on en croit, le proverbe populaire « ce serait dans les vieux chaudrons que l’on ferait les meilleures soupes », il est aussi question de bonne soupe dans cette affaire !!
Car, tout de même, la presse déchaînée nous apprend que le sieur François Pérol aurait touché la bagatelle de 1,5 à 2 millions d’€ pour conseiller utilement cette « chère » Natixis dont le cours de bourse est passé de 19 euros à l’ouverture à 1euro aujourd’hui ! Au passage, les petits épargnants ayant confié leurs économies à leur banque, soit disant mutualiste, ont perdu 80,23 % en un an !!
Mais ce n’est pas tout en matière de bonne soupe !! La banque d’affaires Rothschild & Cie fut chargée en son temps de la création de Natixis, résultat de la fusion des deux banques d’investissement des groupes Caisse d’épargne et Banque populaire. Et, de chaudrons en bonnes soupes, ledit Pérol se retrouva, entre 2005 et 2007, associé-gérant chez ce même Rothschild & Cie avant de rejoindre son actuel mentor sous différents cieux ministériels et élyséens !!
Tant et si bien que des malfaisants, notamment les syndicalistes de SUD Caisses d’épargne en arrivent à poser la question qui fâche :"N’y aurait-il pas prise illégale d’intérêts "?
Ajoutez à cela que la Commission de Déontologie aurait été tout près de démissionner ; en effet, Olivier Fouquet (son président) a reconnu devant les députés qu’il s’était fait piéger par Nicolas Sarkozy lorsqu’il a adressé au secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant une lettre dans laquelle il rappelait la jurisprudence applicable à François Pérol. “Je n’avais pas vu le scénario, je n’avais jamais imaginé qu’on publierait ma lettre qui est une simple consultation juridique » aurait-il déclaré.
Le chaudron bout à gros bouillons ; rendez-vous le 19 Mars dans la rue pour demander des comptes au chaudronnier en chef !!
Jacques Pénitot
18:02 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 mars 2009
J´accuse le CRIF
Quelques jours après l´énoncé du verdict déboutant la Ligue contre le racisme et l´antisémitisme se tenait en effet le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Son président, Richard Prasquier, y a déclaré durant son discours : "Les manifestations prétendaient soutenir la population de Gaza contre les attaques d´Israël, contre qui aucun qualificatif n´a été épargné : génocidaire, nazi, honte de l´humanité. Mais il y a eu aussi ces cris de "mort aux juifs !", cette insulte monstrueuse de l´étoile de David impunément identifiée sur les banderoles à la croix gammée, il y a eu ces maquettes de fusées Qasam glorieusement transportées dans les rues de Paris par des militants cagoulés.
Pour bien des organisateurs, nous l´avons compris, l´objectif réel était de glorifier le Hamas. Nous sommes dans un pays libre : manifestations de soutien à la population palestinienne, manifestations d´hostilité à la politique israélienne, tout cela est normal. Mais comment admettre qu´on défile sous les drapeaux de ce mouvement architerroriste qu´est le Hamas avec des banderoles de haine et des slogans de mort ? Je comprends celui qui vient aider des populations en détresse et qui se laisse manipuler ; mais comment croire ces militants politiques aguerris de l´extrême gauche qui prétendent n´avoir rien vu et rien entendu de ces débordements ? Sur les photos on ne les voit pourtant pas fermer les yeux ou se boucher les oreilles !" Quant à François Fillon qui lui succédait à la tribune, il en a remis une louche : "Nous n´acceptons pas que des manifestations prétendument pacifistes dégénèrent en débordements de violence, cautionnés par la complaisance de certains responsables politiques", s´est-il ainsi vertueusement indigné.
Lisons ce qu´en dit Dominique Vidal, journaliste du Monde diplomatique, fils d´un survivant d´Auschwitz et d´une jeune fille juive cachée pendant la guerre par des paysans chrétiens du Chambon-sur-Lignon : "Là où la légitimité s´arrête, c´est quand M. Prasquier - malheureusement suivi par le premier ministre - dénonce comme antisémites les participants aux défilés de solidarité avec Gaza, allant jusqu´à exclure de son dîner les Verts et le Parti communiste français - PCF -, accusés de « ne pas s´être élevés contre le kidnapping (sic) des manifestations par des mouvements islamistes, avec des slogans antijuifs ».
Quiconque y a pris part sait pourtant que ces débordements furent à la fois marginaux et unanimement condamnés. Quand, à l´issue d´un cortège du CRIF, le 7 avril 2002, les nervis du Betar et de la Ligue de défense juive (LDJ) s´en prirent aux passants d´origine arabe, accusa-t-on M. Roger Cukierman, alors président du CRIF, d´avoir conduit une « ratonnade » ? Question toujours d´actualité : qui protège la LDJ, interdite aux Etats-Unis et en Israël, mais autorisée en France malgré ses violences récurrentes ?" Excellente question ! Plus de détails sur le Bétar et la LDJ sont exposés dans notre billet consacré à l´affaire Rudy H.
Comme le précise Dominique Vidal, les communistes et les Verts n´ont donc pas été conviés cette année au dîner du CRIF. Sans doute sont-ce eux qui sont visés par Fillon dénonçant "certains responsables politiques", avec ceux du NPA, mais la LCR dont le nouveau parti émane n´a de toute façon jamais été invitée - "on n´y serait jamais allé », s´esclaffe Alain Krivine, cité par Libération. Juif lui-même, mais farouche adversaire de la politique menée par l´Etat d´Israël. Comment le PCF réagit-il au boycott dont il est la cible ? Sa responsable, Marie-George Buffet, juge que le CRIF "fait une confusion" : "Les familles de Justes sont très nombreuses au sein du PCF qui s´est toujours battu contre le racisme et l´antisémitisme. Il y a une situation au Moyen-Orient, avec le comportement inadmissible du gouvernement israélien, mais aussi la lutte formidable des pacifistes israéliens et la résistance courageuse du peuple palestinien pour obtenir un Etat. Et puis, il y a la communauté juive en France et l´histoire du Parti communiste qui a toujours été aux côtés des juifs de France dans la résistance contre l´occupant nazi."
Pour les Verts, la réaction est plus offensive, par la voix de Martine Billard, députée de Paris d´ordinaire habituée du dîner, qui accuse les responsables du CRIF de "faire un trait d´égalité entre Israël et les juifs" et de "prêter ainsi le flanc à cette dérive, hélas, d´antisémitisme inadmissible". Et de fait : que lit-on sur le site de l´organisation communautariste, à la rubrique Présentation générale ? "Les grands axes prioritaires du CRIF sont : La lutte contre toutes les formes d´antisémitisme, de racisme, d´intolérance et d´exclusion ; l´affirmation de sa solidarité envers Israël et son soutien à une solution pacifique au conflit du Proche-Orient ; la préservation de la mémoire de la Shoah, afin que les futures générations n´oublient pas les victimes juives de la barbarie nazie." Glissons sur les points 1 et 3 pour déplorer que le deuxième "grand axe prioritaire" soit "l´affirmation de sa solidarité envers Israël". Pour faire bonne figure, le texte précise "son soutien à une solution pacifique au conflit du Proche-Orient", mais il faut alors objecter que les deux termes sont incompatibles : depuis soixante ans, les dirigeants israéliens ont tout fait sauf favoriser la "solution pacifique" que le CRIF appelle de ses voeux - ils la torpillent même consciencieusement et avec une belle constance.
La "solidarité avec Israël" revendiquée par l´organisation juive française est-elle distincte du soutien aux dirigeants de l´Etat hébreu ? Evidemment pas, comme l´a prouvé une nouvelle fois la récente attaque sur Gaza, qui a donné lieu à une manifestation en sa faveur organisée par le CRIF. "Le 4 janvier 2009, nous avons manifesté dans la dignité et le calme notre solidarité à l´égard de l´Etat d´Israël comme c´est notre droit de citoyens français, a rappelé Prasquier lors de son discours. Nous n´avons pas manifesté contre les Palestiniens", a ajouté l´hypocrite. Le 4 janvier, les Gazaouis mouraient sous les bombes. Et le CRIF d´aller manifester sa solidarité avec l´Etat d´Israël au moment où son armée attaque Gaza : n´est-ce pas manifester contre les Palestiniens que de soutenir le massacre dont ils sont victimes (pas loin de 1500 morts), alors même qu´il est en train d´être perpétré ? En clair, l´organisation de Prasquier ne manifeste pas contre les Palestiniens mais en faveur de ceux qui les tuent : la nuance est subtile ! Les propos du président du CRIF sont exemplaires d´un fanatisme chevillé au corps dès lors qu´il est question d´Israël : "Certains osent suggérer ou même écrire que par leur attachement à Israël, les juifs de France, et le CRIF en particulier, se rendent eux-mêmes responsables des débordements antisémites, disait-il toujours dans la même allocution. Cette phraséologie fielleuse, nous l´avons connue dans notre histoire. "Ne soyez plus ceci ou cela, en gros ne soyez plus juif, et il n´y aura plus d´hostilité contre vous", nous disait-on alors. Aujourd´hui on nous enjoint hypocritement : "Soyez contre Israël, sinon il sera normal que nous soyons, ou que les autres soient, antisémites." C´est ainsi qu´Arthur, sous prétexte d´être juif et de soutenir Israël est interdit de spectacle par des manifestants extrémistes*." Imposture intellectuelle que ce discours ! Il ne s´agit pas d´être "contre Israël" mais contre, en l´occurrence, les exactions perpétrées vis-à-vis d´une population civile, et de façon plus générale l´oppression subie depuis soixante ans par le peuple palestinien. Et aussi contre la violation par l´Etat d´Israël des résolutions de l´ONU, l´édification illégale du mur de séparation d´avec les territoires palestiniens, la construction de nouvelles colonies, illégales elles aussi...
Mais non, sous prétexte d´ "attachement à Israël", le CRIF cautionne et encourage tout cela. Si on le lui reproche, on est bien sûr aussitôt taxé d´antisémitisme. Et là où ça devient problématique, c´est que cette organisation est censée exprimer la voix des juifs français. Ce sont donc bien ses responsables, en manifestant constamment ce soutien aveugle aux dirigeants de Tel Aviv, qui entretiennent le sentiment que "tous les juifs soutiennent les persécutions infligées aux Palestiniens", ce qui est bien sûr faux. Oui, le CRIF est coupable de désigner l´ensemble des juifs de France comme ennemis déclarés du peuple palestinien, en traçant, suivant la formule de Martine Billard, "un trait d´égalité entre Israël et les juifs". Et que penser de la sortie du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, déclarant durant la manifestation organisée par le CRIF que "la seule préoccupation de l´armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l´idée d´humanité pour tous les hommes", en pleine offensive sur Gaza (propos recueillis par Libération) ? Irresponsable provocation ! Tout ceci ne justifie nullement l´antisémitisme, qui représente évidemment une abjection. Tentons un instant de pénétrer un cerveau antisémite. Que lui donne à penser l´attitude réitérée du Conseil représentatif des institutions juives de France ? Que les juifs soutiennent toujours les juifs, quels que soient leurs crimes, par solidarité juive. Et que si l´on combat l´Etat d´Israël, il faut s´attaquer aux juifs.
Pour l´amour de l´Humanité en général et celui d´Alix et Juliette Bonnet en particulier, j´accuse le CRIF de mettre en danger mes enfants, comme tous les autres enfants juifs de France, en ouvrant une voie royale à l´antisémitisme.
L´Union juive française pour la paix rejoint cette position, qui a adressé aux dirigeants du CRIF une lettre ouverte : "Les masques sont tombés et maintenant, ça suffit ! Vous n´avez absolument aucun droit de parler, ni en notre nom ni au nom de tous les nôtres qui ont été parqués dans les ghettos, assassinés dans les pogroms, anéantis dans les camps de la mort, mais qui aussi ont été de toutes les luttes, de celles de l´Internationale pour un monde meilleur à celles de la Résistance à l´envahisseur nazi, contre le colonialisme et pour la liberté, la justice, la dignité et l´égalité des droits.
Vous avez applaudi, encouragé les crimes de l´armée israélienne écrasant sous les bombes la population dans ce que vous appelez « entité hostile », réduisant en tas de gravats ses maisons, dévastant ses cultures, prenant pour cible les écoles, les mosquées, les hôpitaux les ambulances et même un cimetière....Dès lors vous vous êtes placés dans le camp des tenants de l´apartheid, des oppresseurs et des nouveaux barbares , et le sang de leurs victimes rejaillit sur vous.Ce faisant, vous avez perdu tout sentiment humain, toute compassion devant cette détresse, vous nous avez outragés et salis en assimilant tous les Juifs à des supporters d´une bande de criminels de guerre comme vous avez déshonoré la mémoire de Rachi, d´Edmond Fleg, d´Emmanuel Lévinas et de tant d´autres, enfin de tout ce que le judaïsme français comportait de richesse humaine, d´intelligence et de lumières.Vous avez voulu faire d´un conflit colonial et géopolitique un conflit communautaire et en prétendant que « 95 % des Juifs français approuvent l´intervention israélienne », vous attisez l´antisémitisme dont vous prétendez vous inquiéter de la résurgence, en pompiers pyromanes."
Au sujet d´Arthur, les manifestants de Vals-les-Bains (Ardèche) n´ont pas interdit le "comique" de spectacle, ils sont venus protester contre son soutien à l´agression perpétrée sur les Gazaouis en réclamant l´arrêt des bombardements. Après plus d´une heure de manifestation et le départ des militants, c´est Arthur lui-même qui a annulé son spectacle, expliquant aux spectateurs qu´il n´avait "plus le coeur à rire". Il a ensuite déclaré : "jamais je n´aurais imaginé, que dans mon propre pays, (...) on puisse manifester contre moi uniquement parce que je suis juif", accusant la manifestation incriminée d´antisémitisme. Faux et archifaux ! Il ne fut pas la cible de manifestants uniquement parce qu´il est juif, comme il le prétend sans honte, mais en tant que soutien de la politique - criminelle ! - du gouvernement israélien. Claude Raymond, membre de l´Union juive française pour la paix, parmi les manifestants ce soir-là, recadre le débat dans Le Dauphiné libéré : "Arthur est un sioniste convaincu qui apporte son soutien financier et tient des propos sionistes insupportables". Voilà bien ce que lui reprochaient les manifestants. Peut-on taxer d´antisémitisme des membres de l´Union juive française pour la paix ? Pour les Torquemada pro-israéliens, sans aucun doute : même les juifs sont anti-juifs dès lors qu´ils n´applaudissent pas la politique d´Israël.
PS : nous consacrerons un second billet à ce dîner du CRIF, disséquant celui-là le discours indigne qui y fut tenu par le Premier ministre François Fillon, dont une seule phrase est citée dans le présent article. Or le reste mérite amplement le détour.
Olivier Bonnet
19:34 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 mars 2009
Le 05 Mars... Seul avec l’humanité !
Quand l’avoir l’emporte tellement sur l’être, qu’il semble être devenu la seule condition du bien-être, quand la vitesse de l’information est plus importante que son analyse, quand l’image l’emporte sur le verbe, quand enfin le progrès devient pour lui-même la justification de son bien-fondé… alors il devient difficile de vivre sa foi, de façonner son esprit, de déterminer ses repères, de marquer ses limites. Difficile d’être un homme, difficile d’être libre. J’entends libre de cette vraie liberté au souffle de laquelle l’esprit chemine et fait ses choix à proximité de son cœur, de ses méditations, de son intelligence, de ses espérances.
Seul…
L’Islam est une école. Elle a un objectif et un programme, un cadre et une dynamique, des exigences autant qu’une évaluation nécessairement formative. Son premier principe se fonde sur l’impérative liberté de celui qui s’y forme dés lors que celui-ci se sait et se reconnaît comme un être de conscience et de responsabilité. L’Islam dit une réalité et s’appuie sur un sentiment : tout commence par la solitude devant Dieu. Le premier espace de formation, d’édification, de résistance, de réforme et de liberté est le cœur si naturellement attiré vers le transcendant, si promptement déchiré par l’artifice ou noyé par le superficiel. Il n’y a pas de foi sans liberté, pas de liberté sans pleine possession de son être, cœur et esprit.
Or, notre monde et ses pouvoirs, la technologie et son efficacité, les modes et la vitesse nous amputent et nous perdent. Un être humain qui vit à la surface de ses désirs et dont les besoins ont pour la plupart été fabriqués n’est plus un être humain… ce peut même devenir une bête entretenant l’illusion de son humanité. Un monstre virtuel dont les excès ne tiennent parfois qu’à ce fil de la rationalité qui fait office de laisse. Si la rationalité est humaine, le monstre est dompté, mais si par malheur la rationalité n’est plus qu’économique ou financière, alors la bête se déchaîne et promet le pire, de carnages et de génocides. Nous l’avons trop constaté.
Décolonisation.
Notre religion nous apprend que la première résistance à ces dérives est à l’intérieur. Avec Dieu, dans l’approfondissement de la foi, l’être humain doit s’initier à la maîtrise, à la compréhension, à la pondération, à la nuance. Dans la prière ou la méditation, il doit prendre le temps de se connaître et de se reconnaître, de résister à ses propres violences, à ses colères, à sa volonté de pouvoir.
Ainsi son cœur doit devenir une classe dans laquelle il apprend à son esprit, à étudier, à approfondir, à s’éloigner des préjugés, à éviter les caricatures. La lumière du cœur est une des conditions pour s’orienter dans les profondeurs de l’esprit. Elle donne la force de répondre au premier devoir de résistance qui nous habite : contre les fausses idoles, contre la séduction dictature de nos seuls désirs, protéger la lumière de son cœur, construire l’autonomie de son esprit, revendiquer le droit de choisir en conscience son chemin et le sens de sa vie. Devant Dieu, seul, conscient et responsable.
La première résistance est aujourd'hui, très clairement, une entreprise de décolonisation. Il s’agit pour chaque être humain de retrouver le chemin de son être le plus profond, de redevenir un être libre.
La vie quotidienne, avec les modes de pensées et de consommation, la gestion du travail et celle du temps libre, la culture cinématographique et musicale, est propre à façonner, presque inconsciemment, une seconde nature qui s’apparente à une prison. Il faut s’en échapper. La spiritualité, profonde et exigeante, est la clé. Il existe un autre espace à «décoloniser».
Après notre cœur, notre intelligence. Jamais autant qu’aujourd'hui, l’information ne s’est trouvée concentrée en aussi peu de mains. Quelques entreprises et agences gèrent l’outil «média» comme une industrie, «une affaire qui marche». Tout se passe, en toute banalité, comme si le ton de l’élaboration intellectuelle, du débat de société ou des défis politiques était désormais donné par les médias et, parmi eux, par le support essentiel de l’image. La télévision n’est plus qu’un simple outil, elle est devenue un paramètre, une échelle, presque une valeur au chevet de laquelle les autres valeurs et les références se mesurent. Résister à cette tourmente de l’image et de la vitesse est aujourd'hui impératif : les citoyens doivent réapprendre à penser, à analyser, à débattre.
La Shura, la concertation, à laquelle invite l'Islam aux croyants, exige d’eux qu’ils forment leur intelligence et élaborent leur réflexion, en profondeur, avec précision et nuance. Il ne suffit pas de se dire croyant pour être protégé des caricatures et des simplifications : la communauté musulmane n’est d’ailleurs pas en reste quant aux analyses caricaturales ou aux jugements à l’emporte-pièce.
L’Islam exige de nous de libérer nos esprits et de vivifier nos intelligences : résistance intellectuelle active qui devrait être la conséquence naturelle d’une foi ancrée et d’une spiritualité épanouie.
Si ceux qui ont jugé le plus justement les erreurs et les insuffisances propres à la mentalité de notre époque s’en sont tenus généralement à une attitude toute négative ou n’en sont sortis que pour proposer des remèdes à peu prés insignifiants et bien incapables d’enrayer le désordre croissant dans tous les domaines, c’est parce que la connaissance des véritables principes leur faisait défaut, tout autant qu’à ceux qui s’obstinaient au contraire à admirer le prétendu «progrès» et à s’illusionner sur son aboutissement final.
Économie,politique et société.
Les ordres ont été inversés et l’on fait chaque jour l’expérience du primat de l’économie dans la gestion des affaires internationales comme des questions de sociétés. L’éthique et la morale ne sont pas, on le sait, les maîtres mots de ce type de gestion, et ce qui compte désormais, c’est le rendement, l’efficacité, le degré de subordination aux logiques du nouvel ordre économique… les dysfonctionnements politiques ou les mauvaises gestions sociales sont relativisés en fonction des profits financiers qu’ils permettent : une dictature qui «rapporte», en matière économique ou sur le plan géostratégique, n’est pas tout à fait une dictature et le critère d’une bonne politique se mesure essentiellement à sa capacité à protéger les intérêts de ceux qui l’appliquent.
Les aliénations, au sens propre et premier, se multiplient et s’additionnent : l’économie qui devait être un instrument au service d’une politique est devenue une finalité en soi : la société des citoyens qui devait être la finalité et donc, au premier chef, bénéficier de la gestion politique est insensiblement devenue un moyen, un simple instrument.
Au cœur du nouvel ordre économique, l’être humain, ancien sujet de son histoire, a la curieuse sensation d’être devenu un objet, un moyen, un jouet.
Pour les musulmanes et les musulmans, il s’agit de remettre les choses à leur place, dans le bon ordre. Que l’homme, devant le Créateur et avec ses semblables, redevienne une fin et non plus un moyen. Il s’agit de réinvestir, avec le cœur et avec l’intelligence, toutes les sphères dans lesquelles ce changement peut s’opérer. Sur le plan social, le devoir de résistance commence avec l’énoncé du clair refus que des sociétés industrialisées enfantent des milliers de chômeurs et tant d’autres millions de laissés pour compte.
La question ne relève pas des seuls moyens financiers mais bien de la sournoise préservation de l’intérêt de quelques uns et de l’absence de volonté politique. C’est à dire qu’il faut s’engager dans des projets locaux, des projets de proximité, par lesquels on doit lutter contre le chômage, l’exclusion, la marginalité et l’ensemble des fractures sociales.
Ce refus ne peut s’exprimer, comme c’est encore souvent le cas pour les musulmans, par la seule mise en place de projets fondés sur le bénévolat ou de la solidarité. La justice est un droit, non un cadeau, ni une charité. A terme, la résistance passe nécessairement par l’engagement citoyen et politique.
Refuser les passe-droits, exiger que des volontés politiques soient explicitées, demander des comptes, questionner les choix de politique sociale, sont autant d’attitudes qui doivent permettre aux citoyens de confession musulmane de participer avec les autres à réformer leurs sociétés. A tous les niveaux, des initiatives sont attendues qui permettent des gestions économiques alternatives et, surtout, un retour de la politique à sa véritable vocation fondée sur le débat et la participation citoyenne. Pour les musulmans comme pour tous les êtres humains, pas de résistance sans participation.
Reprendre possession de son cœur, construire son intelligence et s’engager à promouvoir des projets alternatifs de proximité sont autant de manifestations de ce devoir de résistance qui est le nôtre. Nous n’oublierons pas non plus que la justice exige de nous que, du cœur de l’Océan Indien, nous devenions autant de voix qui ne craignent pas de dénoncer les dictatures, les tortures, les hypocrisies et les dérives inhumaines, qu’elles soient ou non perpétrées au nom de l’islam.
Quand le silence complice étouffe, notre dignité est la dénonciation… L’emprisonnement de tant d’innocents de par le monde pourrait bien finir par nous rendre coupables de si mal gérer nos libertés. Aucun intérêt économique ne peut justifier notre silence.
A moins que ce ne soit la crainte ? La peur ? La paresse ? Le confort et la luxure ? Que dirons-nous le jour où il n’y aura d’ombre que Son ombre ? Que nous craignons pour nos vies ? Pour notre « réputation » ? Que nous ne pouvions pas ? Que nous étions seuls ?…. Seuls…?
Alors qu’à chacune de ses pages, la Révélation nous rappelle que Dieu aime les pieux qui prient comme les justes qui résistent. Au demeurant, nous ne sommes pas seuls et tant d’autres consciences sont amies de ce même combat, de cette même résistance.
Dieu exige de nous la fidélité et notre foi nous commande la dignité. Le devoir de résistance est l’exacte réalisation de cette fidélité digne, consciente que l’on n’est jamais aussi prés de Dieu que lorsqu’on lutte contre l’inhumanité des hommes.
Avec cœur, au nom du droit.
19:33 Publié dans Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Lettre à Adnan MEVIC
Adnan a été proclamé aussitôt et symboliquement six milliardième humain par Kofi ANAN, le Secrétaire Général des Nations Unies présent pour l’occasion à la maternité pour célébrer l’événement. La photo de ce bébé innocent qui pouvait être sénégalais, chinois, américain ou français a fait évidemment le tour du monde. J’ai été tellement épris d’amour pour cet enfant que je me suis mis à imaginer un dialogue avec lui sur son avenir et sur l’état du monde dans lequel nous vivons.
J’aurais aimé dire à Adnan que son avenir était assuré dans un monde où les êtres humains vivent en paix, s’entraident et s’enrichissent par leur différence.
Un monde où nos responsables choisissent toujours ce qui est le plus utile pour nous et non ce qui est le plus avantageux pour eux. Un monde où la dictature économique, politique… la dictature de l’apparence…n’ont pas leur place.
Je ne fais évidemment que mentir en tenant ces propos. Est-ce que j’ai le droit de lui dire la vérité au risque de le plonger dans le désespoir ?
Lui dire qu’il est né dans un monde malade. Un monde où la pauvreté, la faim et les guerres bafouent la dignité de plusieurs millions d’hommes et de femmes. Vous savez comme moi, que c’est effectivement cette réalité que nous vivons au quotidien. Nous vivons dans un monde où de cruelles contradictions se côtoient.
Un monde qui affiche avec fierté sa capacité à communiquer, à guérir et à prolonger la vie tout en abandonnant sans aucune protection des millions d’enfants, de femmes et d’hommes livrés à la famine et aux maladies les plus meurtrières.
Un monde où la richesse s’affiche de manière ostentatoire mais dans lequel une personne sur cinq vit dans un état d’extrême dénuement et lutte pour survivre avec moins de 5 francs par jour.
Dans une économie mondiale qui pèse 25 000 milliards de dollars, les 80% d’individus les plus pauvres se partagent seulement 1% du revenu mondial. Paradoxalement, cette situation ne concerne pas seulement les pays du Tiers-Monde asphyxiés par la pauvreté et son cortège de malnutrition, de maladie et d’analphabétisme.
En France et dans les pays les plus riches en général, il y a de plus en plus d’exclus qui n’arrivent pas à trouver leur place dans un système qui les oblige à vivre dans la marginalité sans pouvoir profiter de la richesse, de l’abondance et de la croissance économique dans leur pays.
Je dois finir sur une note d’espoir pour Adnan en lui disant que dans ce monde qui bégaye entre la peur et l’espoir, de plus en plus de femmes et d’hommes, les uns guidés par leur foi, les autres par leur conscience, font un travail tangible pour répondre à tous ceux qui crient leur détresse et leur malheur.
C’est un vrai combat qu’ils sont entrain de mener. C’est un combat qui tend à faire reconnaître la primauté de la valeur d’un être humain, de son bien-être et de ses droits. Mais c’est un combat qui ne peut être mené que s’il y a mobilisation de la société.
Pour le bien être de tous, nous devons sortir de la culture de la discorde. Préparons pour Adnan et toute sa génération un avenir plein d’espoir et d’espérance, un avenir coloré de joie de vivre et de bonheur…
Avec cœur, avec détermination...
19:30 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

