02 mars 2009
Lettre à Adnan MEVIC
Adnan a été proclamé aussitôt et symboliquement six milliardième humain par Kofi ANAN, le Secrétaire Général des Nations Unies présent pour l’occasion à la maternité pour célébrer l’événement. La photo de ce bébé innocent qui pouvait être sénégalais, chinois, américain ou français a fait évidemment le tour du monde. J’ai été tellement épris d’amour pour cet enfant que je me suis mis à imaginer un dialogue avec lui sur son avenir et sur l’état du monde dans lequel nous vivons.
J’aurais aimé dire à Adnan que son avenir était assuré dans un monde où les êtres humains vivent en paix, s’entraident et s’enrichissent par leur différence.
Un monde où nos responsables choisissent toujours ce qui est le plus utile pour nous et non ce qui est le plus avantageux pour eux. Un monde où la dictature économique, politique… la dictature de l’apparence…n’ont pas leur place.
Je ne fais évidemment que mentir en tenant ces propos. Est-ce que j’ai le droit de lui dire la vérité au risque de le plonger dans le désespoir ?
Lui dire qu’il est né dans un monde malade. Un monde où la pauvreté, la faim et les guerres bafouent la dignité de plusieurs millions d’hommes et de femmes. Vous savez comme moi, que c’est effectivement cette réalité que nous vivons au quotidien. Nous vivons dans un monde où de cruelles contradictions se côtoient.
Un monde qui affiche avec fierté sa capacité à communiquer, à guérir et à prolonger la vie tout en abandonnant sans aucune protection des millions d’enfants, de femmes et d’hommes livrés à la famine et aux maladies les plus meurtrières.
Un monde où la richesse s’affiche de manière ostentatoire mais dans lequel une personne sur cinq vit dans un état d’extrême dénuement et lutte pour survivre avec moins de 5 francs par jour.
Dans une économie mondiale qui pèse 25 000 milliards de dollars, les 80% d’individus les plus pauvres se partagent seulement 1% du revenu mondial. Paradoxalement, cette situation ne concerne pas seulement les pays du Tiers-Monde asphyxiés par la pauvreté et son cortège de malnutrition, de maladie et d’analphabétisme.
En France et dans les pays les plus riches en général, il y a de plus en plus d’exclus qui n’arrivent pas à trouver leur place dans un système qui les oblige à vivre dans la marginalité sans pouvoir profiter de la richesse, de l’abondance et de la croissance économique dans leur pays.
Je dois finir sur une note d’espoir pour Adnan en lui disant que dans ce monde qui bégaye entre la peur et l’espoir, de plus en plus de femmes et d’hommes, les uns guidés par leur foi, les autres par leur conscience, font un travail tangible pour répondre à tous ceux qui crient leur détresse et leur malheur.
C’est un vrai combat qu’ils sont entrain de mener. C’est un combat qui tend à faire reconnaître la primauté de la valeur d’un être humain, de son bien-être et de ses droits. Mais c’est un combat qui ne peut être mené que s’il y a mobilisation de la société.
Pour le bien être de tous, nous devons sortir de la culture de la discorde. Préparons pour Adnan et toute sa génération un avenir plein d’espoir et d’espérance, un avenir coloré de joie de vivre et de bonheur…
Avec cœur, avec détermination...
19:30 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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