23 février 2008
M. Ian Hamel en campagne !...Et le boycott

Dans un article paru dans le Matin dimanche (10 février 2008), le journaliste Ian Hamel poursuit sa campagne de critiques et de mensonges. Après mes critiques sur sa biographie tendancieuse, M. Ian Hamel m’avait menacé par courriel le vendredi 26 janvier 2007 : « Soit nous trouvons en terrain d’entente et vous arrêtez vos dénonciations, soit c’est la guerre. » La « guerre » se conjugue sous toutes les formes de la malhonnêteté intellectuelle et journalistique désormais. Les articles avec des informations tronquées (comme sur mon engagement à Leiden par exemple et les termes de l’accord…) ne se comptent plus. Dans son dernier compte rendu approximatif, M. Ian Hamel poursuit ses élucubrations vengeresses. Il avance : « Tariq Ramadan a pu ainsi jurer qu’il n’avait jamais été contacté par Le Matin Dimanche »… or j’ai affirmé que je n’avais jamais été en contact avec M. Ian Hamel à propos du livre qu’il a écrit. Ce que je maintiens et répète ! Il ajoute que j’aurais une technique de communication qui consiste à user de mensonge : « Elle [cette technique] consiste d’abord à balancer un propos qui fera forcément réagir les médias. Puis, si l’effet est trop négatif, il suffira de prétendre que l’on a déformé vos paroles. La presse peine à se défendre face à cette mauvaise foi. » Malhonnête jusqu’au bout de l’intelligence et de la plume, M. Ian Hamel oublie de rappeler que le journaliste de l’agence italienne Aki-Adnkronos a lui-même reconnu que le propos en arabe avait été mal traduit en italien. Je n’ai effectivement jamais affirmé « Il est clair qu’on ne peut rien approuver de ce qui vient d’Israël » comme l’a rapporté La Reppublicca puis Pierre Assouline mais bien « On ne peut pas tout approuver de ce qui vient d’Israël » : la nuance est de taille. Je faisais référence à la peur qui régnait dans la communauté internationale qui reste tellement frileuse et si silencieuse quand il s’agit de condamner les actions de ce pays. Il n’y a là aucune technique mais simplement la vérité des faits et les mensonges d’un journaliste…
Je n’ai pas de temps à perdre avec ces petites guerres… M. Ian Hamel, que j’ai ignoré jusqu’à ce jour, devra répondre de ses mensonges et de sa mauvaise foi devant la justice. Je poursuis donc ma route tout en lui indiquant que tout n’est pas permis et qu’entre nous, seul le droit parlera.
Sur l’essentiel, je persiste et signe à soutenir l’appel au boycott (dont je ne suis pas l’initiateur) et ce même après avoir reçu la lettre ouverte du président et du directeur de la Foire du Livre de Turin. L’invitation d’Israël reste à mon sens une erreur …on ne célèbre pas un pays lors de son soixantième anniversaire alors que son gouvernement affame une population, ferme les frontières, coupe l’électricité et fait preuve d’un cynisme inacceptable… Quant à débattre avec des intellectuels ou des écrivains israéliens, je l’ai fait et continuerai à le faire mais à la condition expresse que l’on ne m’intègre pas dans un cadre dont la symbolique – culturelle, me dit-on, et pourtant si clairement politique – est la célébration d’un Etat et par extension d’un gouvernement…forcément heureux du silence que permettent ces « distinctions » bien mesquines (célébrer Israël ce n’est pas inviter Israël !). Oui, bien sûr,.. j’oubliais, à Gaza les forces militaires israéliennes ont quitté les territoires et par conséquent elles ne sont pas responsables du désastre humanitaire…Dans la prison géante de Gaza, elles font du simple gardiennage et de l’observation ! Cette honte !
Tariq Ramadan
09:20 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

